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Conseils · 5 min de lecture

Sinus lift (comblement sinusien) : voie latérale ou crestale, suites et conseils

Pas assez d'os au-dessus des molaires du haut pour un implant ? Le sinus lift permet de regagner de la hauteur. Voici comment il se pratique et à quoi s'attendre ensuite.

Par le Dr Fenjero Walid ·

Illustration : Sinus lift (comblement sinusien) : voie latérale ou crestale, suites et conseils

Qu'est-ce qu'un sinus lift ?

Le sinus lift, ou comblement sinusien, est une intervention qui augmente la hauteur d'os disponible dans la partie arrière de la mâchoire supérieure, sous le sinus maxillaire, afin de pouvoir y poser un implant. Le praticien soulève délicatement la fine membrane qui tapisse le plancher du sinus, puis place un matériau de greffe dans l'espace créé. Cet os nouveau sert ensuite d'ancrage à l'implant.

C'est une technique courante et bien codifiée en implantologie, qui ne touche pas le nez et ne modifie pas la respiration. Elle se pratique en général sous anesthésie locale. Il en existe deux grandes approches, la voie latérale et la voie crestale, choisies selon la quantité d'os restante.

Le sinus lift fait partie de la famille des greffes osseuses. Notre article sur la greffe osseuse avant implant présente les autres techniques de reconstruction.

Pourquoi l'os manque sous le sinus

Les sinus maxillaires sont des cavités remplies d'air situées dans l'os de la face, au-dessus des prémolaires et des molaires du haut. Chez certaines personnes, les racines de ces dents sont naturellement très proches du plancher du sinus.

Après la perte d'une molaire supérieure, deux phénomènes se combinent :

  • la résorption de la crête : l'os qui entourait la racine n'est plus sollicité et diminue, en hauteur comme en largeur ;
  • l'expansion du sinus (pneumatisation) : la cavité a tendance à s'agrandir vers le bas, dans l'espace laissé libre.

Une ancienne infection, une parodontite avancée ou une extraction difficile peuvent accentuer cette perte. Résultat : il ne reste parfois que quelques millimètres d'os entre la bouche et le sinus, trop peu pour stabiliser un implant de longueur standard.

C'est l'une des raisons pour lesquelles il est utile de réfléchir au remplacement d'une molaire du haut assez tôt après sa perte, avant que la situation n'évolue.

Voie latérale ou voie crestale : deux approches

Le choix de la technique dépend surtout de la hauteur d'os résiduelle et de l'anatomie du sinus.

  • La voie crestale (ou technique des ostéotomes) : l'accès se fait par le trou préparé pour l'implant, au sommet de la crête. Le praticien soulève le plancher du sinus de façon contrôlée, ajoute éventuellement un peu de matériau de greffe, puis pose l'implant dans le même temps. Cette approche est moins invasive, mais elle ne permet qu'un gain de hauteur modéré et suppose qu'il reste suffisamment d'os pour stabiliser l'implant.
  • La voie latérale : une petite fenêtre est ouverte dans la paroi externe de l'os, côté joue. La membrane sinusienne est décollée et soulevée sous contrôle visuel, et l'espace est rempli de matériau de greffe. Cette approche permet un gain de hauteur plus important. L'implant est posé en même temps si l'os restant assure une stabilité suffisante, sinon dans un second temps.

Le matériau utilisé peut être de l'os prélevé chez le patient, un substitut d'origine animale ou humaine traité, ou un matériau synthétique, parfois en mélange. Une membrane est souvent placée pour refermer la fenêtre latérale. Le praticien vous explique le choix retenu et ses raisons.

Le bilan avant l'intervention

Un sinus lift se prépare avec soin. Le bilan comprend :

  • un examen de la bouche, des gencives et de l'occlusion ;
  • une imagerie en trois dimensions, indispensable pour mesurer l'os restant, visualiser la forme du sinus, repérer d'éventuelles cloisons osseuses (septa) et le trajet des vaisseaux ;
  • l'analyse de l'état du sinus lui-même : un épaississement de la muqueuse, un kyste ou des signes de sinusite chronique sont recherchés ;
  • un questionnaire médical complet.

En cas d'antécédents de sinusite à répétition, de polypes ou d'anomalie visible à l'imagerie, un avis auprès d'un médecin ORL peut être demandé avant d'opérer. Une sinusite active est une contre-indication tant qu'elle n'est pas traitée.

D'autres facteurs augmentent le risque de complications et sont discutés au cas par cas : tabagisme, diabète déséquilibré, radiothérapie de la tête et du cou, certains médicaments agissant sur l'os, ou maladie des gencives non stabilisée.

Le déroulement et la cicatrisation

L'intervention se déroule le plus souvent au cabinet, sous anesthésie locale :

  • la gencive est ouverte pour accéder à l'os, ou, pour la voie crestale, le site de l'implant est préparé ;
  • la membrane du sinus est soulevée avec des instruments spécifiques, en veillant à la garder intacte ;
  • le matériau de greffe est mis en place sous la membrane ;
  • l'implant est posé si les conditions le permettent ;
  • la gencive est refermée par des points de suture.

La durée dépend de la technique et du nombre de sites. Ensuite vient une période de maturation de la greffe, pendant laquelle le matériau est progressivement colonisé par de l'os nouveau. Elle dure généralement plusieurs mois, plus ou moins selon le matériau, le volume greffé et votre situation. Si l'implant n'a pas été posé en même temps, il l'est après cette période, puis la couronne est réalisée une fois l'implant intégré.

Ce calendrier peut sembler long, mais il conditionne la solidité de l'ensemble. La pose de l'implant dentaire dans un os bien reconstruit permet une couronne correctement positionnée et facile à entretenir.

Après l'intervention : ce qui est normal et ce qui doit alerter

Les premiers jours, plusieurs manifestations sont habituelles :

  • un gonflement de la joue, souvent maximal vers le deuxième ou le troisième jour ;
  • un hématome qui peut descendre sous l'œil ou sur la joue, puis s'estomper progressivement ;
  • un léger saignement du nez, ou une sensation de nez bouché du côté opéré ;
  • une gêne contrôlée par les médicaments prescrits.

Pour protéger la membrane et la greffe pendant la période indiquée par le praticien :

  • ne pas se moucher fort, et éternuer la bouche ouverte ;
  • éviter les efforts physiques intenses les premiers jours ;
  • éviter l'avion, la plongée et les instruments à vent tant que le praticien ne l'a pas autorisé ;
  • ne pas fumer ;
  • respecter le traitement prescrit, qui peut inclure un décongestionnant nasal, et les bains de bouche ;
  • manger tiède et mou, sans mâcher du côté opéré.

Recontactez le cabinet sans attendre en cas de fièvre, d'écoulement nasal épais ou malodorant, de douleur ou de gonflement qui augmentent après le troisième jour, de petits grains de matériau qui sortent par le nez, ou de passage d'air ou de liquide entre la bouche et le nez.

Risques, alternatives et évaluation à Agdal

La complication la plus fréquente pendant l'intervention est une perforation de la membrane sinusienne. Selon sa taille, elle peut souvent être réparée immédiatement, par exemple avec une membrane de collagène ; parfois, le praticien préfère interrompre et reprendre après cicatrisation. Plus rarement surviennent une sinusite postopératoire ou une infection de la greffe, qui nécessitent un traitement rapide.

Le sinus lift n'est pas toujours la seule option. Selon l'os disponible, d'autres solutions se discutent :

  • des implants courts, lorsque la hauteur d'os le permet ;
  • des implants inclinés, placés en avant du sinus ;
  • un bridge sur dents naturelles ou une prothèse amovible ;
  • dans les résorptions très sévères, des techniques très spécialisées, comme les implants zygomatiques, réservées à des indications précises.

Notre article sur le manque d'os pour un implant compare ces approches. À la German Dental Clinic, à Agdal, le bilan s'appuie sur l'examen clinique, la radiographie numérique et l'empreinte au scanner intraoral, complétés par l'imagerie nécessaire, afin d'expliquer clairement si un sinus lift est utile dans votre cas ou si une alternative est préférable. Si vous habitez Rabat et qu'on vous a parlé de comblement sinusien, vous pouvez prendre rendez-vous pour en discuter.

Questions fréquentes

Le sinus lift est-il douloureux ?

L'intervention se fait sous anesthésie locale et n'est en général pas douloureuse sur le moment. Les jours suivants, on ressent surtout un gonflement, parfois un hématome et une sensation de pression dans la joue, plus marqués avec la voie latérale qu'avec la voie crestale. Le traitement prescrit permet habituellement de bien contrôler cette gêne.

Peut-on prendre l'avion après un sinus lift ?

Les variations de pression en cabine peuvent solliciter la membrane du sinus pendant la cicatrisation. Il est donc recommandé d'éviter l'avion pendant la période indiquée par le praticien, qui dépend de la technique et du déroulement de l'intervention. Si un voyage est prévu, signalez-le dès la planification afin d'adapter la date de la chirurgie.

Combien de temps faut-il attendre avant de poser l'implant ?

Lorsque l'implant est posé en même temps que le comblement, il n'y a pas de seconde chirurgie, mais il faut attendre son intégration avant la couronne. Lorsqu'il est posé dans un second temps, une maturation de plusieurs mois est généralement nécessaire. Le calendrier précis dépend du matériau utilisé, du volume greffé et de votre situation.

Le sinus lift peut-il provoquer une sinusite ?

C'est possible mais peu fréquent lorsque le sinus est sain avant l'intervention et que les consignes sont respectées. C'est pourquoi le bilan préalable recherche une sinusite chronique ou une anomalie du sinus, et qu'un avis ORL est parfois demandé. Un écoulement nasal épais, de la fièvre ou une douleur croissante doivent faire consulter rapidement.

Les fumeurs peuvent-ils avoir un sinus lift ?

Le tabac réduit la vascularisation et augmente le risque de complications et d'échec de la greffe. Il est fortement conseillé d'arrêter de fumer avant l'intervention et pendant toute la cicatrisation. Chez un gros fumeur qui ne peut pas arrêter, le praticien peut considérer que l'intervention n'est pas raisonnable et proposer une autre solution.

Les informations de cette page sont générales. Seule une consultation permet un diagnostic et un plan de traitement adaptés.

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