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Conseils · 5 min de lecture

Parodontite : stades, grades et traitement expliqués simplement

Stade III, grade B : le diagnostic de parodontite ressemble parfois à un code. Voici ce qu'il signifie pour vos gencives et comment se déroule un traitement moderne, étape par étape.

Par le Dr Fenjero Walid ·

Illustration : Parodontite : stades, grades et traitement expliqués simplement

Qu'est-ce que la parodontite ?

La parodontite est une maladie inflammatoire chronique des tissus qui soutiennent les dents : la gencive, le ligament et l'os. Elle est déclenchée par le biofilm bactérien (la plaque) qui s'accumule le long et sous la gencive, mais c'est la réaction inflammatoire de l'organisme qui détruit progressivement l'attache et l'os. Sans traitement, les dents peuvent se déchausser, bouger puis être perdues.

Elle succède le plus souvent à une gingivite, inflammation superficielle et réversible de la gencive. Toutes les gingivites n'évoluent pas en parodontite, mais toutes les parodontites commencent par une gencive enflammée. La différence essentielle : la gingivite n'a pas encore détruit l'attache, la parodontite si, et l'os perdu ne repousse pas spontanément.

La maladie est souvent silencieuse au début. Les signes qui doivent alerter :

  • des gencives qui saignent au brossage, sujet détaillé dans notre article sur le saignement des gencives ;
  • une mauvaise haleine persistante ;
  • des gencives qui se rétractent, des dents qui paraissent plus longues ;
  • des espaces qui apparaissent entre les dents ;
  • une dent qui bouge ou change de position.

Le diagnostic : sondage et radiographies

Le diagnostic repose sur un examen précis appelé bilan parodontal. Le praticien glisse une sonde graduée, à bout arrondi, entre la dent et la gencive, sur plusieurs points autour de chaque dent. Il mesure la profondeur des poches, la perte d'attache, note les saignements, la mobilité des dents et l'atteinte des zones entre les racines des molaires (les furcations).

Ce charting est complété par des radiographies : une radiographie panoramique donne une vue d'ensemble, et des clichés rétro-alvéolaires plus ciblés montrent finement le niveau de l'os autour des dents atteintes.

Le praticien recueille aussi les informations médicales qui comptent : tabac, diabète et son équilibre, médicaments, antécédents familiaux de perte de dents précoce. Ces éléments influencent directement le diagnostic et le plan de traitement.

Comprendre les stades et les grades de la classification 2017

Depuis la classification de 2017 de l'EFP (Fédération européenne de parodontologie) et de l'AAP (Académie américaine de parodontologie), la parodontite est décrite un peu comme un cancer : par un stade, une étendue et un grade.

Le stade décrit la sévérité et la complexité de la maladie :

  • Stade I : parodontite débutante, perte d'attache et d'os limitée ;
  • Stade II : parodontite modérée, perte d'os plus nette mais aucune dent perdue à cause de la maladie ;
  • Stade III : parodontite sévère, poches profondes, atteintes des furcations, et possible perte de quelques dents ;
  • Stade IV : parodontite sévère avec perte de nombreuses dents, mobilités, déplacements, et besoin d'une réhabilitation complexe de la mastication.

L'étendue précise si la maladie est localisée à quelques dents, généralisée, ou suit un schéma particulier touchant les molaires et les incisives.

Le grade estime la vitesse de progression et le risque futur :

  • Grade A : progression lente ;
  • Grade B : progression modérée ;
  • Grade C : progression rapide.

Le tabagisme et un diabète mal équilibré sont des facteurs qui peuvent faire monter le grade. Un « stade III, grade B généralisé » signifie donc une maladie sévère, étendue à toute la bouche, qui progresse à un rythme modéré.

Le traitement non chirurgical, première étape incontournable

Les recommandations européennes de l'EFP organisent le traitement en étapes successives. Les deux premières ne sont pas chirurgicales et concernent tous les patients.

Étape 1 : maîtriser le biofilm et les facteurs de risque. Le praticien vous montre les zones où la plaque reste, adapte la technique de brossage et le choix des brossettes interdentaires, réalise un détartrage au-dessus de la gencive et aborde l'arrêt du tabac et l'équilibre du diabète. Cette étape conditionne tout le reste : sans hygiène quotidienne efficace, le traitement le plus soigneux ne tient pas.

Étape 2 : l'instrumentation sous-gingivale. Souvent appelée surfaçage radiculaire ou débridement, elle consiste à nettoyer les racines au fond des poches, sous anesthésie locale, avec des instruments ultrasoniques et des curettes. Elle se fait en une ou plusieurs séances. Dans certaines formes, des antibiotiques peuvent être associés, mais ils ne sont pas systématiques : ils ne remplacent jamais le nettoyage mécanique.

Après quelques semaines de cicatrisation, une réévaluation mesure à nouveau les poches pour juger de la réponse.

Quand la chirurgie parodontale est-elle nécessaire ?

Lorsque des poches profondes persistent après le traitement non chirurgical bien conduit, l'étape 3 peut être proposée. Les poches résiduelles peuvent d'abord être réinstrumentées. Si elles restent profondes, une chirurgie permet d'accéder directement aux racines et à l'os :

  • le lambeau d'accès : la gencive est ouverte pour nettoyer sous contrôle visuel, puis repositionnée ;
  • la chirurgie résectrice : elle remodèle l'os et la gencive pour supprimer la poche, dans des indications précises ;
  • la chirurgie régénératrice : dans certains défauts osseux verticaux, des matériaux (dérivés de la matrice amélaire, membranes, substituts osseux) aident à reconstruire une partie de l'attache perdue.

Au stade IV, le traitement associe souvent la parodontologie à d'autres disciplines : orthodontie pour repositionner des dents déplacées, attelles de contention, prothèses ou implants pour rétablir la mastication. Un traitement des gencives bien planifié précède toujours ces réhabilitations.

Ces interventions se font en général sous anesthésie locale. Les suites habituelles sont un gonflement modéré et une gêne de quelques jours, une alimentation molle et un brossage adapté de la zone opérée, avec un bain de bouche prescrit le temps de la cicatrisation. Le tabac freine nettement la guérison des tissus : son arrêt améliore la réponse au traitement chirurgical comme non chirurgical.

La maintenance : la clé du résultat à long terme

La parodontite se stabilise, elle ne se « guérit » pas au sens où elle disparaîtrait pour toujours. L'étape 4, la thérapeutique parodontale de soutien, est donc aussi importante que le traitement actif. Elle comprend des séances régulières de contrôle et de nettoyage professionnel, dont la fréquence est fixée selon votre stade, votre grade et votre hygiène, souvent plus rapprochée que chez un patient sans antécédent.

À chaque visite, le praticien remesure les poches, repère les sites qui saignent, renforce les conseils d'hygiène et intervient tôt en cas de rechute. Les patients qui suivent cette maintenance conservent en général beaucoup mieux leurs dents que ceux qui l'abandonnent.

La parodontite a aussi des liens avec la santé générale. La relation avec le diabète est la mieux documentée : elle va dans les deux sens, comme l'explique notre article diabète et santé des gencives. Traiter les gencives fait partie d'une prise en charge globale.

Votre bilan parodontal à Agdal

Si vos gencives saignent, si l'on vous a parlé de déchaussement ou si un proche a perdu ses dents jeune, un bilan parodontal permet de savoir où vous en êtes. Plus la maladie est prise tôt, plus le traitement est simple.

À la German Dental Clinic, à Agdal, l'examen comprend le sondage parodontal, la radiographie numérique et une explication claire de votre stade et de votre grade, avec un plan de traitement par étapes. Pour les patients de Rabat et des environs qui souhaitent faire le point sur leurs gencives, il suffit de prendre rendez-vous.

Questions fréquentes

La parodontite peut-elle se guérir complètement ?

La parodontite peut être stoppée et stabilisée, avec des gencives qui ne saignent plus et des poches qui diminuent. En revanche, l'os perdu ne repousse pas de lui-même, sauf dans certains défauts traités par chirurgie régénératrice. La maladie peut récidiver si l'hygiène et la maintenance sont relâchées, d'où l'importance du suivi.

Le surfaçage radiculaire est-il douloureux ?

Il est réalisé sous anesthésie locale, ce qui le rend généralement confortable. Après la séance, une sensibilité au froid et une légère gêne des gencives sont fréquentes pendant quelques jours. Les gencives peuvent aussi se rétracter un peu en dégonflant : c'est le signe que l'inflammation diminue.

La parodontite est-elle héréditaire ou contagieuse ?

Il existe une susceptibilité familiale : certaines personnes réagissent plus fortement au biofilm, en partie pour des raisons génétiques. Les bactéries peuvent se transmettre entre proches, mais la maladie n'est pas contagieuse au sens habituel : elle dépend surtout de la réponse de chacun et des facteurs de risque comme le tabac.

Peut-on poser des implants si l'on a eu une parodontite ?

Oui, c'est souvent possible, mais seulement une fois la maladie traitée et stabilisée. Un antécédent de parodontite augmente le risque d'inflammation autour des implants, la péri-implantite. Une hygiène rigoureuse et une maintenance régulière sont donc indispensables avant et après la pose.

À quelle fréquence faut-il revenir après le traitement ?

La fréquence de la maintenance est personnalisée. Elle dépend du stade et du grade de votre parodontite, de votre hygiène, du tabac et de l'équilibre d'un éventuel diabète. Elle est souvent plus rapprochée au début, puis ajustée selon la stabilité observée lors de chaque contrôle.

Les informations de cette page sont générales. Seule une consultation permet un diagnostic et un plan de traitement adaptés.

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