Dents écartées : comment fermer un diastème ?
Un espace entre deux dents s'appelle un diastème. Le plus connu se situe entre les deux incisives du haut, ces « dents du bonheur » que certains aiment et que d'autres veulent fermer. Trois approches existent : rapprocher les dents par orthodontie, par exemple avec des aligneurs, élargir les dents avec du composite collé, ou les recouvrir de facettes. Souvent, la meilleure solution combine deux de ces gestes.
Le choix dépend d'abord de la cause de l'espace, puis de sa largeur, de la forme des dents et de l'état des gencives. Un point mérite d'être souligné dès le départ : un écart qui apparaît ou s'agrandit à l'âge adulte n'est pas qu'une question d'esthétique, il peut signaler une maladie des gencives et doit être examiné.
Enfin, rien n'oblige à fermer un diastème stable chez une personne dont les gencives sont saines. C'est une décision esthétique, qui vous appartient.
D'où vient l'espace : les causes à identifier
Un diastème n'a pas une cause unique. Le dentiste cherche laquelle est en jeu, car elle conditionne le traitement et le risque de réouverture :
- des dents trop petites pour l'arcade : incisives latérales étroites, parfois en forme de cône (dites riziformes), qui laissent des espaces de chaque côté ;
- une dent absente de naissance (agénésie), fréquemment une incisive latérale, ce qui redistribue les espaces ;
- un frein de la lèvre supérieure épais ou inséré bas, dont les fibres s'interposent entre les incisives centrales ;
- des habitudes : langue qui pousse contre les dents en avalant, succion prolongée, interposition de la lèvre inférieure ;
- une maladie parodontale : quand l'os autour des racines diminue, les incisives peuvent s'écarter et avancer, on parle de migration secondaire ;
- une dent surnuméraire cachée entre les racines des incisives centrales, visible à la radiographie, qui empêche l'espace de se fermer ;
- la perte d'une dent non remplacée, qui laisse les voisines s'écarter.
Un test simple oriente parfois le diagnostic : en tirant doucement la lèvre supérieure vers le haut, une gencive qui blanchit entre les incisives suggère un frein impliqué. Ce n'est qu'un indice, l'examen clinique et la radiographie tranchent.
Chez l'enfant : un espace souvent normal
Vers 8 ou 9 ans, beaucoup de parents s'inquiètent d'un espace entre les incisives définitives du haut, parfois associé à des dents qui s'écartent en éventail. Cette étape est classique dans la denture mixte : les racines des incisives sont encore inclinées par les canines qui descendent au-dessus d'elles. Lorsque les canines sortent, vers 11 ou 12 ans, l'espace se réduit souvent de lui-même.
Un avis reste utile lorsque l'écart est large, lorsqu'il persiste après l'arrivée des canines, ou si une dent ne sort pas du tout. Une radiographie peut alors rechercher une dent surnuméraire ou une dent manquante. Pour le frein de la lèvre, la tendance actuelle est de ne pas intervenir trop tôt : on évalue d'abord si l'espace se ferme naturellement, et une éventuelle intervention est discutée au cas par cas. Notre article sur le frein de langue ou de lèvre détaille ces situations.
Rapprocher les dents : la solution orthodontique
Lorsque les dents ont une taille et une forme normales, les rapprocher est la solution la plus respectueuse : aucun matériau n'est ajouté, aucune dent n'est taillée. Les aligneurs invisibles conviennent à de nombreux diastèmes isolés ou à des espaces multiples modérés. Les bagues restent une option qu'un orthodontiste peut proposer pour les cas plus complexes.
L'orthodontie sert aussi à redistribuer les espaces plutôt qu'à les fermer complètement. Si les incisives latérales sont petites, il est souvent plus harmonieux de répartir l'espace autour d'elles, puis de leur redonner une taille normale avec du composite ou des facettes. En cas de dent absente, l'orthodontie peut ouvrir ou fermer la place selon le projet de remplacement.
Le diastème est l'un des déplacements qui récidive le plus volontiers. Une fois l'espace fermé, un fil de contention collé derrière les incisives est très souvent recommandé, parfois associé à une gouttière de nuit. Si un frein épais est en cause, son traitement est généralement envisagé une fois l'espace fermé, pour que la cicatrice aide à stabiliser le résultat.
Élargir ou recouvrir : composite collé et facettes
Le bonding composite consiste à ajouter de la résine composite sur les faces latérales des dents pour réduire ou fermer l'espace. Ses atouts sont réels :
- pas de taille, ou une préparation minime de l'émail ;
- un résultat souvent obtenu en une séance ;
- une technique réparable et en grande partie réversible.
Ses limites tiennent aux proportions et au matériau. Fermer un grand espace uniquement en élargissant deux incisives les rend trop larges, presque carrées. Le composite peut aussi se colorer ou s'ébrécher avec le temps et demande un polissage d'entretien. Enfin, si la gencive ne remplit pas l'espace, un petit triangle noir peut persister au collet.
Les facettes dentaires en céramique deviennent pertinentes lorsque la forme ou la couleur des dents pose aussi problème, ou lorsque plusieurs dents sont concernées. Elles offrent une très bonne stabilité de teinte, mais demandent le plus souvent une préparation de l'émail. Notre article facettes composite ou céramique compare ces deux matériaux. Dans tous les cas, un essai préalable en bouche (mock-up) permet de juger le rendu avant tout geste définitif.
Choisir selon votre situation
Quelques situations types aident à comprendre la logique de décision, qui reste propre à chaque bouche :
- un petit espace entre deux incisives de taille normale : aligneurs, ou composite si vous souhaitez une solution rapide et que les proportions le permettent ;
- des incisives latérales petites ou riziformes : redonner leur volume avec du composite ou des facettes, parfois après une courte phase d'orthodontie pour répartir les espaces ;
- plusieurs espaces sur toute l'arcade : l'orthodontie d'abord, car le composite seul élargirait toutes les dents ;
- des dents qui s'écartent à cause d'une maladie des gencives : le traitement des gencives passe en premier ; une fois l'inflammation stabilisée, un réalignement prudent peut être envisagé, suivi d'une contention durable ;
- une dent absente : le projet de remplacement (implant, bridge collé, déplacement des dents voisines) se décide avant de fermer ou d'ouvrir les espaces.
Posez à votre dentiste deux questions simples : quelle est la cause de mon espace, et que se passera-t-il s'il se rouvre ? Les réponses disent beaucoup sur la solution la plus durable.
Fermer un diastème à Agdal : comment se passe le bilan
À la German Dental Clinic, à Agdal, l'évaluation d'un diastème commence par l'examen des dents, de la lèvre et de son frein, de la langue et des gencives, avec un sondage parodontal si l'espace est récent. Une radiographie panoramique et une empreinte numérique au scanner intraoral complètent le bilan et permettent de simuler le résultat.
Le praticien vous présente ensuite les options possibles pour votre cas, leurs avantages, leurs limites et le plan de contention. Si vous hésitez sur l'effet final, un essai esthétique en bouche aide à décider sereinement. Si vous habitez Rabat et que l'espace entre vos dents vous gêne, ou s'il s'est agrandi récemment, vous pouvez prendre rendez-vous.
Questions fréquentes
Les dents du bonheur doivent-elles être corrigées ?
Non, pas si les dents et les gencives sont saines et que l'espace est stable. C'est alors une particularité du sourire, que beaucoup de personnes gardent volontiers. La correction se justifie si l'espace vous gêne, s'il retient des aliments, s'il gêne la prononciation ou s'il s'agrandit, ce dernier cas devant toujours faire vérifier l'état des gencives.
Peut-on fermer un diastème en une seule séance ?
C'est possible avec un bonding composite, lorsque l'espace est modéré et que les dents peuvent être un peu élargies sans perdre leurs proportions. La séance se déroule généralement sans anesthésie et sans taille. Pour un grand espace ou des espaces multiples, une solution rapide risque de donner des dents trop larges : l'orthodontie, seule ou combinée, est alors plus adaptée.
Faut-il couper le frein de la lèvre pour fermer l'espace ?
Pas systématiquement. Un frein n'est mis en cause que s'il est épais, inséré très bas et que ses fibres passent entre les incisives. Même dans ce cas, l'intervention est souvent envisagée une fois l'espace fermé par orthodontie, pour favoriser la stabilité. Chez l'enfant, on attend en général de voir si l'espace se ferme avec l'arrivée des canines.
Pourquoi un espace apparaît-il entre mes dents à 45 ans ?
Un diastème qui apparaît à l'âge adulte a toujours une raison. La plus importante à écarter est une parodontite, qui réduit l'os de soutien et laisse les dents migrer. D'autres causes existent : dent manquante non remplacée, pression de la langue, perte de dents à l'arrière qui surcharge les incisives. Un examen des gencives et une radiographie permettent de comprendre l'origine.
L'espace peut-il revenir après le traitement ?
Oui, c'est même l'un des espaces les plus enclins à se rouvrir, surtout s'il était large ou lié à un frein ou à la langue. C'est pourquoi une contention collée derrière les incisives est très souvent conseillée après une fermeture orthodontique. Après un bonding, l'espace ne se rouvre pas de la même façon, mais le composite demande un entretien régulier.
Les informations de cette page sont générales. Seule une consultation permet un diagnostic et un plan de traitement adaptés.
Une question sur votre situation ?
Le Dr Fenjero Walid vous reçoit à Agdal, Rabat, pour un bilan et des réponses adaptées à votre bouche.



